Le monde est devenu des tokens
Token.
C’est peut-être le mot de la décennie.
Celui qui dit quelque chose de notre époque : la priorité donnée à la machine, parfois au-delà de l’humain.
C’est fou à quel point tout devient token.
Une société se lance, elle crée son token.
Des actifs physiques sont tokenisés sur une blockchain.
Vous parlez à votre LLM, il découpe votre phrase en tokens.
On a créé des indirections partout.
Un peu comme dans un jeu vidéo, quand vous convertissez votre argent en monnaie virtuelle : la distance rend la dépense moins douloureuse.
Le token ne sert pas seulement à simplifier le réel.
Il sert à le rendre manipulable par des machines.
Par des robots, des agents, des IA, des marchés automatisés.
À force de traduire le monde dans un langage optimisé pour les machines, on finit par demander aux humains de s’adapter à cette grammaire.
Ce n’est plus seulement la machine qui apprend à comprendre le réel.
C’est le réel qu’on découpe pour qu’il devienne exécutable par la machine.
Est-ce que ce n’est pas une forme de déshumanisation ?