L'IA nous pousse à prendre de mauvaises décisions
L'IA nous pousse à prendre de mauvaises décisions.
Dans beaucoup d'équipes, le temps de décision suit le temps d'exécution. Un sujet à six mois passe par des comités, des revues de risques, des allers-retours.
Un sujet à deux semaines se tranche en dix minutes. Ce n'est pas automatique, mais c'est un réflexe très courant. On se dit qu'au pire, on pourra ajuster plus tard.
Comme l'IA compresse énormément le temps d'exécution, on compresse aussi la réflexion.
C'est le problème du buffet à volonté. Tu te mets à vouloir goûter un peu de tout, parce que ce serait quand même dommage de ne pas le faire, c'est là pour ça.
Laisser un agent ne rien faire ? Quelle hérésie !
Alors on fait en sorte que nos agents restent actifs, quitte à leur faire faire n’importe quoi. On se raconte que ce n'est pas grave, qu'on ajustera en route parce qu'on est agiles.
Mais être agile ne veut pas dire ne pas avoir de plan.
En plus de ça, avec des barrières techniques plus basses, le moat logiciel se réduit. Si tout le monde exécute vite, une mauvaise décision stratégique coûte plus cher qu'avant.
La vraie question n'est peut-être plus "peut-on livrer vite ?" Mais "comment protéger le temps de réflexion quand livrer devient presque instantané ?"